Comment choisir sa prévoyance en tant que travailleur indépendant ?
Prendre un temps d’échangeNos conseils pour bien choisir votre prévoyance. Cette page est mise à jour régulièrement et sert de base de compréhension. Vous pouvez demander un échange pour une recommandation personnalisée.
Quand on est travailleur non-salarié, un accident, une maladie ou une invalidité peut rapidement mettre en péril son activité.
Quand on est travailleur non-salarié, un accident, une maladie ou une invalidité peut rapidement mettre en péril son activité. La prévoyance TNS n’est pas un luxe, c’est une garantie de continuité. Elle vise à compenser la faiblesse des indemnités versées par la Sécurité sociale des indépendants, souvent très éloignées du revenu réel des indépendants. Comprendre ce socle obligatoire est essentiel pour anticiper et compléter sa protection.
Cas concret d’une analyse d'un client TNS
Prenons l’exemple de Marc, 42 ans, gérant d’une SARL dans le secteur du conseil.
Il déclare un revenu annuel de 48 000 €, soit 4 000 € par mois. Comme tous les TNS affiliés à la Sécurité sociale des indépendants (SSI), il bénéficie d’une protection de base en cas d’arrêt de travail.
Or, cette couverture obligatoire est loin de refléter son revenu réel.
En cas de maladie, la SSI applique une franchise de 3 jours : les indemnités journalières ne sont versées qu’à partir du 4ᵉ jour d’arrêt.
En cas d’accident ou d’hospitalisation, la franchise est supprimée : les indemnités sont dues dès le 1ᵉʳ jour, mais les montants indemnisés restent très faibles.
Le calcul des indemnités journalières se fait sur la base du revenu annuel moyen des 3 dernières années, avec un plafond d’environ 63 € par jour en 2025, soit 1 890 € par mois au maximum.
Pour Marc, cela signifie qu’en cas d’arrêt de travail prolongé, ses revenus chuteraient de plus de 50 %, alors que ses charges personnelles (crédit immobilier, scolarité des enfants, dépenses courantes) resteraient inchangées.
C’est pour compenser ce décalage structurel entre revenu réel et indemnisation SSI que les contrats de prévoyance existent.
Un contrat standard du marché – par exemple proposé par un acteur reconnu comme Swiss Life, Apicil ou Hodeva – permettrait à Marc de compléter ses revenus avec :
• des indemnités journalières forfaitaires déclenchées après une franchise choisie (souvent 15, 30 ou 60 jours),
• une rente d’invalidité si son incapacité devient permanente,
• et un capital décès versé à ses proches en cas de décès prématuré.
Ainsi, en souscrivant une prévoyance adaptée, Marc pourrait sécuriser un revenu proche de son niveau de vie actuel, au lieu de dépendre exclusivement des prestations limitées de la SSI.
Détails des garanties d’un contrat April prévoyance TNS :
• Indemnités journalières : possibilité de garantir un revenu de 3 000 € par mois en cas d’arrêt de travail. La franchise est fixée à 30 jours pour les maladies et 3 jours pour les accidents ou hospitalisations. Pour réduire la franchise maladie à 15 jours, le coût supplémentaire est d’environ +15 € / mois.
• Rente d’invalidité : déclenchement dès 33 % d’invalidité, calcul selon un barème croisé (invalidité professionnelle et fonctionnelle).
• Capital décès : versement forfaitaire de 100 000 €, extensible à 200 000 € moyennant environ +10 € / mois.
• Pathologies dos et psychologiques : incluses avec condition d’hospitalisation, option d’extension « dos/psy sans hospitalisation » disponible pour +12 € / mois.
• Rente éducation : option permettant de garantir 400 € par enfant jusqu’à 11 ans, 600 € entre 12 et 17 ans et 900 € entre 18 et 25 ans, moyennant +20 € / mois.
• Exonération de cotisations : en cas d’arrêt de travail supérieur à 90 jours, les cotisations de prévoyance sont prises en charge par l’assureur.
Ce type de contrat montre bien l’écart entre la protection obligatoire de la SSI (limitée à environ 63,52 €/jour en 2025) et une véritable couverture prévoyance, qui permet de maintenir un revenu plus proche du niveau de vie réel.
Quelles sont les garanties indispensables d'une prévoyance TNS ?
Une prévoyance TNS n’est pas un produit uniforme : elle regroupe plusieurs garanties qui, combinées, permettent d’assurer au travailleur indépendant et à sa famille un niveau de vie plus proche de la réalité en cas de coup dur. Certaines garanties constituent un socle incontournable, d’autres sont optionnelles mais stratégiques selon la situation familiale et professionnelle.
La garantie maintien de revenu (indemnités journalières)
La garantie maintien de revenus a pour objet de compenser la perte de rémunération en cas d’arrêt de travail pour cause de maladie ou d’accident. Elle prend la forme d’indemnités journalières, versées par l’assureur pendant la durée de l’incapacité temporaire.
Le versement de ces indemnités n’est pas immédiat : il intervient après l’expiration d’un délai appelé franchise. La franchise varie en fonction du risque assuré : elle est souvent de 30 jours en cas de maladie, et réduite à 3 jours en cas d’accident ou d’hospitalisation. Plus la franchise est courte, plus la cotisation est élevée, car l’assureur intervient plus rapidement.
Deux modes de calcul existent :
• Le calcul proportionnel au revenu déclaré : l’indemnité est déterminée sur la base du revenu professionnel net moyen des trois dernières années, avec application d’un plafond. Cette méthode présente un inconvénient : une variation de revenus d’une année à l’autre entraîne une indemnisation fluctuante. De plus, certains éléments de revenu (dividendes, avantages en nature, déductions fiscales) peuvent être exclus de la base de calcul.
• Le calcul forfaitaire : l’assuré fixe lui-même le montant des indemnités (par exemple 100 € par jour, soit 3 000 € par mois). Dans ce cas, l’indemnité ne dépend pas des revenus passés, mais du niveau choisi au contrat. Cette approche offre une meilleure lisibilité, car l’assuré connaît à l’avance la somme qui sera versée en cas d’arrêt de travail. Elle suppose cependant que le montant souscrit reste cohérent avec la situation financière de l’assuré, faute de quoi l’assureur peut limiter ou refuser l’indemnisation.
Il est également important de vérifier si le contrat stipule que les indemnités sont versées « en plus » de celles de la Sécurité sociale (contrat forfaitaire), ou bien si elles incluent déjà les prestations du régime obligatoire (contrat indemnitaire). Dans le premier cas, l’assuré cumule les deux versements ; dans le second, l’assureur déduit les montants servis par la SSI, ce qui réduit fortement la couverture réelle.
Certaines options renforcent la portée de cette garantie :
• la revalorisation annuelle des indemnités, afin de préserver le pouvoir d’achat en cas d’arrêt prolongé,
• l’extension aux pathologies dorsales ou psychologiques sans exigence d’hospitalisation ou d’intervention chirurgicale,
• une durée maximale d’indemnisation définie par le contrat : elle peut être limitée à deux ou trois ans, ou aller jusqu’au terme du contrat (par exemple l’âge de 60 ou 65 ans).
En pratique, le maintien de revenus permet à l’assuré de sécuriser un revenu régulier pendant une période d’incapacité, en complément des indemnités journalières de la Sécurité sociale (plafonnées à environ 63 €/jour en 2025). Il constitue ainsi un outil essentiel pour éviter une chute brutale du niveau de vie, notamment pour les indépendants dont les charges professionnelles et personnelles demeurent constantes même en cas d’arrêt de travail.
La garantie invalidité
La garantie invalidité vise à protéger le travailleur non-salarié lorsqu’il se trouve durablement dans l’impossibilité d’exercer sa profession, totalement ou partiellement. Elle se traduit par le versement d’une rente mensuelle et, dans certains contrats, par un capital destiné à faire face aux conséquences financières immédiates de cette situation.
L’invalidité est appréciée selon un barème. Certains contrats retiennent un barème fonctionnel, qui mesure la capacité de l’assuré à accomplir les gestes de la vie quotidienne, comme se déplacer, se nourrir ou s’habiller. D’autres appliquent un barème professionnel, qui évalue la capacité à exercer la profession de l’assuré. Enfin, de plus en plus d’assureurs proposent un barème croisé, combinant ces deux approches, afin d’offrir une protection plus réaliste : il évite de considérer une personne comme valide au seul motif qu’elle conserve une autonomie quotidienne, alors même qu’elle ne peut plus exercer son activité.
Le processus de reconnaissance de l’invalidité est encadré. L’assuré doit constituer un dossier médical et se soumettre à une expertise organisée par l’assureur. Le médecin expert fixe un taux d’invalidité, qui conditionne le déclenchement de la garantie. Dans la plupart des contrats, la rente est versée dès 33 % d’invalidité reconnue, le montant augmentant en proportion du taux fixé. Des contestations peuvent survenir lorsque le taux retenu paraît insuffisant ; la procédure prévoit alors la possibilité d’un expert tiers ou d’une expertise contradictoire.
La rente d’invalidité peut être forfaitaire, avec un montant déterminé à la souscription, ou indemnitaire, calculée en fonction du revenu réellement perdu. Elle est versée jusqu’à l’âge prévu au contrat, le plus souvent 62 ou 65 ans, afin de couvrir l’assuré jusqu’à sa retraite. Ce versement mensuel constitue un élément essentiel pour maintenir un niveau de vie cohérent malgré la perte de capacité de travail.
À côté de cette rente, certains contrats proposent un capital invalidité. Il s’agit d’une somme forfaitaire versée en une fois dès que l’invalidité est reconnue. Son objectif est de couvrir les dépenses immédiates liées à la nouvelle situation de l’assuré : aménagement du logement, achat d’un véhicule adapté, financement d’un matériel spécifique ou constitution d’une épargne de précaution. Le montant et les conditions de déclenchement de ce capital varient selon les assureurs : il peut être proposé dès 66 % d’invalidité reconnue ou réservé aux invalidités totales et définitives.
Le régime obligatoire (SSI) prévoit lui aussi une pension d’invalidité, mais celle-ci reste limitée : elle est généralement fixée à 30 % ou 50 % du revenu annuel moyen, avec un plafond qui ne reflète pas les revenus réels de nombreux TNS. La prévoyance privée permet donc de combler cet écart et de sécuriser durablement le niveau de vie de l’assuré et de sa famille.
Le capital décès
Le capital décès est l’une des garanties centrales d’une prévoyance TNS : il prévoit le versement d’une somme aux bénéficiaires désignés si l’assuré décède, afin de préserver l’équilibre financier du foyer et d’absorber les charges immédiates.
Le montant est choisi à la souscription en fonction de la situation familiale et des besoins (par exemple 50 000 €, 100 000 € ou davantage). Il est versé en une fois après le sinistre, ce qui permet de régler rapidement les frais d’obsèques, de rembourser des crédits ou de couvrir des dépenses courantes pendant la période de réorganisation.
Pour un TNS, cette garantie est déterminante : à la différence d’un salarié souvent protégé par un régime collectif d’entreprise, le travailleur indépendant ne dispose que de prestations légales limitées. Le capital décès privé comble ce déficit de protection et sécurise le niveau de vie des proches.
La rente de conjoint
La rente de conjoint est une garantie décès optionnelle dans les contrats de prévoyance. Elle prévoit, en cas de décès de l’assuré, le versement d’une somme régulière (mensuelle ou trimestrielle) au conjoint survivant. Cette rente peut être temporaire, c’est-à-dire versée jusqu’à un âge limite (souvent 60 ou 65 ans), ou viagère, versée jusqu’au décès du conjoint.
Le montant est fixé au moment de la souscription, souvent entre 500 € et 1 500 € par mois, selon le budget de l’assuré et ses besoins de protection. Certains contrats permettent d’indexer la rente (par exemple sur l’inflation) afin de maintenir son pouvoir d’achat dans le temps.
Cette garantie vise à compenser la perte de revenus du ménage après un décès prématuré, notamment lorsque le conjoint survivant dépendait des revenus du TNS. Elle peut également permettre de sécuriser le remboursement de crédits, d’assurer la stabilité du niveau de vie ou de compenser une retraite anticipée rendue nécessaire.
Dans la pratique, cette option doit être choisie avec discernement. Pour un couple où les deux partenaires disposent déjà d’un revenu suffisant ou d’un patrimoine financier, la rente conjoint peut apparaître superflue. À l’inverse, lorsqu’un seul membre du couple génère l’essentiel des ressources, la rente devient un levier essentiel de protection.
Les assureurs prévoient généralement des conditions d’éligibilité : le bénéficiaire doit avoir un statut reconnu (mariage, PACS, parfois concubinage désigné dans le contrat) et respecter des plafonds d’âge (par exemple, conjoint survivant âgé de moins de 65 ans au moment du décès pour bénéficier d’une rente temporaire).
La rente de conjoint constitue ainsi une garantie modulable qui doit être étudiée au cas par cas, selon la situation familiale, les besoins financiers du conjoint survivant et le rapport coût/bénéfice de la cotisation supplémentaire.
La garantie frais généraux
La garantie frais généraux est une couverture spécifique aux travailleurs non-salariés, qui vise non pas à protéger directement leur revenu personnel, mais à assurer la continuité financière de leur activité professionnelle en cas d’arrêt de travail.
Concrètement, si un TNS (médecin, commerçant, artisan, consultant…) se retrouve en incapacité temporaire de travailler à la suite d’une maladie ou d’un accident, il continue malgré tout à devoir assumer un certain nombre de dépenses fixes liées à son entreprise ou cabinet : loyers professionnels, charges de personnel, honoraires comptables, crédits bancaires, abonnements logiciels, électricité, assurances, etc. Or, ces charges peuvent rapidement mettre en péril la pérennité de l’activité si elles ne sont pas couvertes.
La garantie frais généraux prévoit donc le versement d’une indemnité permettant de rembourser ces dépenses. Le montant assuré est déterminé à l’avance, généralement en fonction du niveau moyen des frais fixes supportés par l’entreprise. Il s’agit le plus souvent d’une indemnisation forfaitaire, sur présentation des justificatifs comptables, plafonnée à un montant maximum fixé au contrat (par exemple 5 000 € ou 10 000 € par mois).
La durée d’indemnisation est limitée : la plupart des assureurs couvrent les frais généraux pendant une période de 12 à 24 mois maximum, estimant qu’au-delà, la continuité de l’activité nécessite soit une reprise effective, soit une réorganisation profonde (cession, remplacement, fermeture).
L’intérêt de cette garantie est donc de protéger l’outil de travail : elle évite qu’un arrêt de travail ne conduise à des arriérés de loyers, à la perte des salariés clés, ou à un effondrement de la trésorerie. Dans certains contrats, elle est couplée avec une garantie « remplacement » permettant de financer le recours à un collaborateur temporaire.
Toutefois, cette garantie doit être calibrée avec soin : un indépendant sans charges fixes significatives n’en a pas forcément l’utilité, alors qu’elle est quasi indispensable pour les professions libérales avec cabinet (médecins, avocats, experts-comptables) ou les entrepreneurs qui ont plusieurs salariés.
En résumé, la garantie frais généraux ne vise pas à maintenir le revenu personnel du TNS, mais bien à préserver la viabilité de son entreprise pendant son absence, en lui permettant de retrouver un outil de travail intact à son retour.
Je vous recommande de considérer une assurance frais généraux uniquement si votre activité génère des charges fixes importantes (loyer, salaires, matériel, abonnements, etc.).
Pour certains indépendants du conseil ou des métiers sans structure lourde, cette garantie peut être accessoire.
En revanche, pour un professionnel de santé, un commerçant ou un artisan avec un local, elle peut s’avérer essentielle pour assurer la continuité de l’entreprise.
Le montant à assurer se détermine généralement autour de 20 à 30 % du revenu annuel, mais doit toujours être ajusté à votre situation réelle.
Quelle couverture de base pour un tns ?
Quelle couverture des TNS en cas d’arrêt de travail ?
Les travailleurs non-salariés affiliés à la Sécurité sociale des indépendants (SSI) peuvent percevoir des indemnités journalières en cas d’incapacité de travail liée à une maladie ou un accident non professionnel.
Pour en bénéficier, plusieurs conditions doivent être réunies : être affilié depuis au moins un an à la SSI, exercer encore son activité au moment de l’arrêt, et présenter un avis médical validant l’incapacité.
Le montant des indemnités journalières est égal à 1/730 du revenu annuel moyen des trois dernières années, avec un plafond fixé à environ 63,52 € par jour en 2025 (soit 1 890 € par mois).
La durée maximale d’indemnisation est de 360 jours sur une période glissante de 3 ans. En cas d’affection de longue durée (ALD), ce délai peut être prolongé jusqu’à 3 ans.
Quelle couverture des TNS en cas d’invalidité ?
La couverture invalidité de la SSI reste limitée. La pension est attribuée si la perte de capacité de travail est médicalement reconnue comme réduisant d’au moins deux tiers l’aptitude à exercer une activité professionnelle.
Trois catégories d’invalidité existent :
• 1ʳᵉ catégorie : capacité résiduelle de travail partielle, pension réduite.
• 2ᵉ catégorie : incapacité totale d’exercer une activité, pension pleine.
• 3ʳᵉ catégorie : invalidité nécessitant une aide tierce personne, pension majorée.
Le montant maximum de la pension d’invalidité SSI en 2025 avoisine 1 833 € par mois.
Cette pension est versée jusqu’à la retraite, où elle se transforme en pension vieillesse.
Quelle couverture des familles de TNS en cas de décès ?
En cas de décès d’un TNS cotisant, la SSI prévoit le versement d’un capital décès forfaitaire.
En 2025, ce montant est fixé à 9 056 €, majoré de 2 270 € par enfant à charge de moins de 16 ans.
Cette somme reste faible et n’offre qu’une sécurité ponctuelle, sans rapport avec les besoins financiers réels d’une famille.
Quelle couverture financière pour le conjoint survivant ?
Le conjoint survivant peut prétendre à une pension de réversion, équivalente à 54 % de la retraite de base du TNS décédé.
Cependant, cette prestation est soumise à des conditions strictes :
• le couple doit avoir été marié (le concubinage ou le PACS ne suffisent pas),
• le conjoint survivant doit avoir atteint 55 ans,
• ses ressources annuelles ne doivent pas dépasser 24 500 € environ (plafond 2025, majoré en cas d’enfant à charge).
En pratique, cela signifie que si un TNS décède prématurément, son conjoint n’aura droit à rien avant ses 55 ans, sauf à disposer d’une couverture prévoyance spécifique.
On voit bien l’importance de l’assurance capital décès pour un TNS.
Si un TNS décède avant l’âge de la retraite et qu’il n’a pas souscrit à une assurance prévoyance,
sa famille perdra la plupart de ses revenus (jusqu’à l’âge de 55 ans),
ce qui peut les mettre dans une situation très compliquée.
La fiscalité d'une prévoyance TNS
Quelles déductions fiscales permet la loi Madelin ?
La loi Madelin, votée en 1994, a eu pour objectif d’inciter les travailleurs non-salariés (TNS) à se constituer une protection sociale complémentaire. Elle leur permet de déduire leurs cotisations de prévoyance de leur revenu imposable, comme une charge professionnelle.
Concrètement, si vous payez 2 000 € de cotisations par an et que vous êtes imposé à 30 %, votre économie fiscale est d’environ 600 €. Le coût réel de votre prévoyance n’est donc plus que de 1 400 €.
👉 C’est un mécanisme incitatif, qui rend la couverture plus accessible.
💡 Attention : seules les personnes affiliées comme TNS (gérants majoritaires de SARL, indépendants, professions libérales, artisans, commerçants) peuvent en bénéficier. Les gérants minoritaires assimilés salariés, eux, ne sont pas concernés.
Quel est le plafond de déductibilité des cotisations prévoyance ?
La déduction n’est pas illimitée. Elle est plafonnée selon une formule fixée par la loi :
3,75 % du revenu professionnel
+ 7 % du PASS (soit 3 925 € en 2025)
dans la limite de 3 % de 8 PASS (soit environ 9 420 € en 2025).
Exemple pratique :
– Pour un revenu annuel de 30 000 €, le plafond est d’environ 5 050 € par an.
– Pour un revenu de 80 000 €, le plafond reste limité à environ 9 420 € par an.
Cela signifie que vous pouvez cumuler mutuelle et prévoyance dans ce plafond global, mais pas le dépasser.
Les rentes issues d’une prévoyance Madelin sont imposables
L’avantage fiscal se paie au moment de la perception des prestations :
• Les indemnités journalières (arrêt de travail) sont soumises à l’impôt et aux charges sociales (CSG-CRDS).
• Les rentes d’invalidité, de conjoint, d’éducation sont imposées comme des pensions de retraite.
👉 Il faut donc intégrer cette fiscalité dans le calcul global : la prévoyance Madelin allège le coût à la cotisation, mais augmente la fiscalité au moment de l’indemnisation.
Les prestations issues d’une prévoyance hors Madelin
Si vous optez pour un contrat hors cadre Madelin, vous ne pouvez pas déduire vos cotisations de votre revenu imposable. En revanche, les prestations versées (IJ, rentes) sont généralement exonérées d’impôt.
C’est une stratégie utilisée par certains TNS : ils renoncent à l’avantage fiscal immédiat pour éviter la taxation future sur leurs indemnités.
Quelle fiscalité pour le capital décès ?
En principe, le capital décès n’entre pas dans la succession et est exonéré de droits de succession. Il est versé directement au bénéficiaire désigné, ce qui en fait un outil de transmission rapide et efficace.
Mais une ambiguïté subsiste : si les cotisations décès ont été incluses dans les cotisations Madelin, certains assureurs considèrent que le versement doit être transformé en rente imposable. En pratique, la majorité des contrats conservent le capital décès sous forme de capital non imposable, mais il faut bien vérifier les conditions générales.
Nous vous aidons à déterminer votre statut lors d’un échange de recueil de besoins.
En effet, il est essentiel d’identifier correctement votre situation professionnelle, car la loi Madelin ne s’applique que si vous êtes TNS. Vérifiez toujours votre statut et les conditions d’éligibilité avant de souscrire.
Quelles sont les mauvaises surprise récurrentes d'une prévoyance TNS ?
Les mauvaises surprises d’une prévoyance proviennent souvent d’une mauvaise compréhension du contrat. Beaucoup de TNS pensent être couverts « correctement », alors qu’une lecture attentive des conditions générales révèle des limitations importantes. C’est précisément le rôle du courtier : analyser les petites lignes et traduire ces clauses techniques en impacts concrets pour votre situation.
Les points de vigilance les plus fréquents sont les suivants :
• Les pathologies du dos et les troubles psychologiques : ces affections (lombalgies, sciatiques chroniques, burn-out, dépressions) sont très souvent exclues ou limitées aux cas entraînant une hospitalisation ou une chirurgie. Sans option « dos/psy », la garantie est donc illusoire.
• Les exclusions liées aux sports : les sports de combat, nautiques, aériens ou de montagne sont souvent exclus ou limités. Ces exclusions peuvent poser problème pour les indépendants pratiquant régulièrement une activité sportive à risque.
• La grossesse pathologique : selon les assureurs, elle est couverte, partiellement prise en charge, ou totalement exclue. Ce point doit être vérifié systématiquement.
• Contrats indemnitaires ou forfaitaires : la différence est fondamentale. Dans un contrat indemnitaire, l’assureur calcule l’indemnité sur les revenus réels justifiés, ce qui peut aboutir à des décotes. Dans un contrat forfaitaire, le montant est fixé à la souscription, garantissant une meilleure sécurité.
• Le délai de carence : il s’agit de la période d’attente avant l’entrée en vigueur des garanties. Certains contrats imposent 3, 6 voire 12 mois de carence sur certaines pathologies.
• Le barème d’invalidité : selon que l’assureur applique un barème professionnel, fonctionnel, ou croisé, les indemnisations peuvent varier considérablement. Le reclassement professionnel est également un critère parfois pris en compte.
La sélection médicale en prévoyance TNS
La sélection médicale est systématique en prévoyance individuelle. Elle commence toujours par un questionnaire de santé (poids, taille, tabac, antécédents médicaux, traitements en cours). En fonction du niveau de couverture demandé, l’assureur peut exiger des examens complémentaires (analyses de sang, électrocardiogramme, rapports médicaux…).
À l’issue de ce processus, l’assureur peut :
• accepter le contrat aux conditions normales,
• appliquer une surprime,
• exclure certaines garanties,
• ou, dans les cas graves, refuser purement et simplement.
Contrairement à une idée reçue, il n’existe pas de prévoyance sans questionnaire médical. Tout contrat qui prétendrait l’inverse comporte en réalité des exclusions massives ou des plafonds très bas.
Dans certains cas où la santé est trop dégradée pour accéder à un contrat individuel, une alternative consiste à créer une société permettant d’adhérer à un contrat collectif obligatoire, accessible sans sélection médicale.
Comment obtenir un devis de prévoyance TNS ?
Face à la complexité et à la technicité de ces contrats, il est illusoire de choisir seul une prévoyance TNS. Chaque assureur applique ses propres règles, et comparer uniquement les tarifs est une erreur fréquente.
La bonne démarche consiste à passer par un courtier spécialisé. Chez Thérèse Assurance, nous travaillons en 5 étapes :
1. Vous remplissez un formulaire simple qui nous permet de comprendre vos revenus, vos charges et vos attentes.
2. Nous échangeons ensuite pour préciser les points sensibles (par exemple le montant exact du revenu à garantir).
3. Nous lançons une recherche auprès de plusieurs assureurs du marché pour identifier les offres adaptées.
4. Nous vous envoyons une sélection de devis comparatifs, que nous vous présentons oralement pour en expliquer les différences.
5. Après ajustement et choix du contrat, la souscription se fait à distance grâce à la signature électronique sécurisée.
Combien coûte une prévoyance TNS ?
Le coût d’une prévoyance dépend principalement de l’âge, du revenu, des garanties choisies, du statut professionnel et de l’état de santé. Les options (rente éducation, capital décès majoré, couverture dos/psy étendue) influencent également fortement la prime.
Voici quelques repères de marché (données 2025, pour des garanties standards incluant maintien de revenu après 30 jours, invalidité à partir de 66 %, capital décès équivalent à 3 ans de revenu) :
• environ 75 €/mois pour un consultant de 38 ans, non-fumeur, revenus 4 000 €/mois,
• environ 200 €/mois pour un dirigeant IT de 43 ans, fumeur, revenus 8 000 €/mois,
• environ 70 €/mois pour une conseillère en gestion de patrimoine avec un revenu de 3 200 €/mois et option rente éducation pour son enfant,
• environ 350 €/mois pour un TNS de 58 ans, fumeur, revenus 9 000 €/mois.
Ces exemples montrent bien que le coût varie selon de multiples paramètres et qu’un devis personnalisé est indispensable.
Quelles sont les meilleurs prévoyances pour TNS ?
D’un côté, il est techniquement impossible de désigner “le meilleur contrat” sans connaître le profil exact de la personne : âge, revenus, profession, état de santé, charges fixes, projets familiaux… En protection sociale, tout est individualisé : ce qui peut être une solution idéale pour un dentiste de 35 ans peut s’avérer totalement inadapté pour un consultant IT de 50 ans.
D’un autre côté, notre expérience de courtier nous permet de dégager des tendances concrètes. En accompagnant chaque jour des TNS de profils variés, nous constatons que certains contrats sortent du lot par leurs atouts ou leurs spécificités :
- SwissLife Prévoyance Indépendants : un contrat solide, souvent choisi par les professions libérales. Ses tarifs sont compétitifs avant 45 ans et son fonctionnement forfaitaire apporte de la clarté. Point de vigilance : exclusions assez strictes, notamment sur les grossesses pathologiques et certaines affections psychologiques.
- Hodeva Prévoyance : reconnu pour sa grande flexibilité et ses options modernes (dos/psy sans hospitalisation, rente éducation). Tarification souvent attractive, mais une sélection médicale plus exigeante que la moyenne.
- Apicil Solution Prévoyance TNS : un contrat robuste et équilibré, particulièrement adapté aux dirigeants ayant des charges de famille. Points forts sur l’invalidité et le décès, mais avec une franchise minimale généralement fixée à 30 jours.
- April Prévoyance Indépendants : très modulable, apprécié des jeunes entrepreneurs. Les options de paramétrage (franchises, capitaux décès, IJ) sont nombreuses. En revanche, le tarif peut grimper sensiblement avec l’âge.
Au final, ce qui compte n’est pas tant de trouver “le meilleur contrat du marché”, mais bien de définir le meilleur contrat pour vous en fonction de vos priorités : maintien de revenu rapide, protection familiale renforcée, fiscalité optimisée ou encore maîtrise du budget.
C’est exactement ce que nous faisons chez Thérèse Assurance : transformer un marché complexe en choix clairs et adaptés à votre situation réelle.
Vos questions fréquentes
Comment résilier sa prévoyance TNS ?
Les contrats de prévoyance TNS sont des contrats annuels à tacite reconduction. En pratique, la résiliation n’est possible qu’à la date anniversaire du contrat, avec un préavis de 2 mois (sauf dispositions différentes précisées aux CG).
Procédure : adressez votre demande par écrit (LRAR ou canal accepté par l’assureur) en mentionnant le n° de police et la date d’échéance. Exemple : échéance au 1er janvier → courrier au plus tard le 31 octobre.
Important : les lois Hamon/Chatel s’appliquent rarement aux contrats de prévoyance professionnels. Référez-vous à vos conditions générales pour les modalités exactes.
Dans le cadre de la loi Evin, l’assureur peut aussi résilier le contrat, mais uniquement durant les 2 premières années (par exemple en cas de sinistralité très élevée ou de non-paiement). Ensuite, la résiliation par l’assureur est très encadrée.
Un TNS est-il couvert s’il lance son activité en percevant le chômage ?
Si vous quittez un emploi salarié, vous pouvez bénéficier de la portabilité de la prévoyance d’entreprise (maintien gratuit) jusqu’à 12 mois, sous conditions : droit à l’indemnisation chômage, adhésion antérieure au régime, rupture ouvrant droit à Pôle Emploi, et dispositif de mutualisation dans l’ancienne entreprise.
La portabilité couvre les événements survenant pendant la période de chômage et cesse à la reprise d’activité. Elle ne protège pas votre nouvelle activité indépendante : il faut alors souscrire une prévoyance TNS dédiée.
La mutuelle des TNS
Changer ou choisir sa prévoyance est souvent l’occasion de revoir sa mutuelle. Certains assureurs proposent des remises couplées (mutuelle + prévoyance), parfois autour de 10 %.
Pour autant, nous recommandons souvent de dissocier mutuelle et prévoyance : l’assureur santé détient beaucoup d’informations médicales qui peuvent, en cas de litige, vous desservir (ex. consommations liées au tabac, arrêts répétés, etc.). Séparer les contrats limite les conflits d’intérêts et préserve votre dossier en prévoyance.
Besoin d’un avis neutre ? Nous comparons les deux volets (santé & prévoyance) sans verrou d’assureur et en priorisant votre protection réelle.
La prévoyance TNS en question
Vous hésitez encore ? Voici des réponses claires aux questions que l’on nous pose le plus souvent.
Sous combien de temps le capital décès d’un contrat prévoyance est-il versé ?
En règle générale, le versement intervient dans un délai de 15 à 30 jours après réception de l’ensemble des justificatifs par l’assureur (acte de décès, certificat médical, pièces d’identité et RIB du bénéficiaire). Le respect des délais dépend surtout de la complétude du dossier : plus il est transmis rapidement, plus le paiement est fluide.
Courtier ou assureur direct : quelle différence pour un TNS ?
L’incapacité de travail correspond à une situation temporaire où vous êtes dans l’impossibilité d’exercer votre activité (ex. arrêt de travail suite à une maladie ou un accident). L’invalidité, elle, traduit une perte durable ou définitive de capacité, mesurée par un taux fixé selon un barème médical et professionnel. Concrètement, l’incapacité ouvre droit aux indemnités journalières, l’invalidité à une rente.
Incapacité et invalidité : comment distinguer les deux en prévoyance ?
L’incapacité de travail correspond à une situation temporaire où vous êtes dans l’impossibilité d’exercer votre activité (ex. arrêt de travail suite à une maladie ou un accident). L’invalidité, elle, traduit une perte durable ou définitive de capacité, mesurée par un taux fixé selon un barème médical et professionnel. Concrètement, l’incapacité ouvre droit aux indemnités journalières, l’invalidité à une rente.
Loi Madelin : quels avantages fiscaux pour les travailleurs non-salariés ?
Le dispositif Madelin permet aux travailleurs non-salariés de déduire fiscalement leurs cotisations de prévoyance, dans la limite d’un plafond légal. Cela transforme la cotisation en charge déductible, réduisant votre base imposable. L’intérêt est donc d’alléger votre fiscalité tout en vous protégeant, mais attention : les prestations versées (indemnités, rentes) deviennent imposables.
Quelles protections concrètes apporte une prévoyance TNS ?
Les garanties essentielles sont :
– le maintien de revenu via des indemnités journalières,
– une rente invalidité couvrant les incapacités durables,
– un capital décès pour protéger vos proches.
Selon votre situation familiale, des options comme la rente éducation ou la rente conjoint peuvent aussi être stratégiques.
Les cotisations de prévoyance sont-elles toutes déductibles des impôts ?
Elles le sont uniquement dans le cadre d’un contrat “Madelin”. Les cotisations d’un contrat hors Madelin ne sont pas déductibles, mais les prestations versées en cas de sinistre sont alors exonérées d’impôt. Le choix dépend donc de votre situation : avantage fiscal immédiat (Madelin) ou exonération des prestations (hors Madelin).
Quelle franchise choisir pour ses indemnités journalières ?
La franchise correspond au délai avant le début de l’indemnisation. Plus elle est courte (3, 7 ou 15 jours), plus la cotisation est élevée. En pratique, les TNS choisissent souvent 30 jours en cas de maladie et 3 jours en cas d’accident ou hospitalisation. Le choix doit être cohérent avec votre capacité financière à supporter une période sans revenu et avec vos charges fixes (loyer, salaires, emprunts).
Quelles exclusions ou limitations faut-il absolument vérifier avant de signer ?
Les exclusions les plus fréquentes concernent les pathologies psychologiques, les affections du dos, certaines grossesses pathologiques et les sports à risque (aérien, montagne, nautique, combat). D’autres limites peuvent apparaître dans le barème d’invalidité (prise en compte ou non du reclassement professionnel) ou dans les délais de carence. Lire attentivement ces clauses est essentiel pour éviter une couverture illusoire.
La prévoyance couvre-t-elle les pathologies psychologiques et les problèmes de dos ?
Oui, mais sous conditions. Ces affections sont souvent limitées par des franchises plus longues, des plafonds réduits ou des exclusions selon les assureurs. C’est un point clé à vérifier dans votre contrat, car ces pathologies représentent une part importante des arrêts de travail des TNS.
Que se passe-t-il pour ma prévoyance si je crée mon activité et que je perçois le chômage ?
La prévoyance individuelle ne couvre pas la période indemnisée par Pôle emploi. En revanche, si vous étiez salarié auparavant, vous pouvez bénéficier de la portabilité des garanties collectives de votre ancien employeur pendant 12 mois maximum, sous conditions. Une fois TNS, il est conseillé de souscrire rapidement un contrat adapté à votre nouveau statut.
Besoin d’une protection sociale adaptée ?
Parlons-en ensemble et trouvons la solution santé & prévoyance qui vous correspond.
Prendre un rendez-vous gratuit